3. Les éléments de la scène.

          3.1. Les éléments visibles.

 
Plan complet de la scène Plan de la cage de scène (voir la légende ici)

Cadre de scène : C'est la partie architecturale déterminant l'ouverture de la scène ; le cadre de scène fait partie du théâtre comme bâtiment et comme spectalce.

Il semble que l'idée soit de SABBATINI, auteur d'un ouvrage de référence : Pratique pour fabriquer scènes et machines de théâtre (1638) : la décoration reprend, en trompe-l'œil, les facades des maisons qui, dans les spectacles de plein air, en constituaient le cadre. La première réalisation, en France, d'un cadre de scène date de 1645 pour la Finta Pazza de STROZZI au théâtre du Petit-Bourbon.

Cage de scène : C'est le bloc qui inclut le plateau, le grill, les coulisses, les cintres, les dessous. En somme, toute la partie visible de la scène et celle, invisible pour le public, des coulisses.

L'image est due, vraissemblablement, aux perches, fils, gril, mâts de perroquets, qui entourent ce bloc et lui donnent l'air d'une cage.

Le désir d'en sortir vient, par contraste, renforcer l'image : la présence d'un comparse (figurant) dans la salle ou l'installation d'un proscenium pour mieux la pénétrer, sont les manifestations les plus courantes de ces échappées.

La Face : C'est le devant du plateau, la partie la plus proche du public, opposé au lointain. Le plateau étant en pente, descendre, c'est se déplacer du lointain à la face. On parle aussi de "face" pour la partie de tout élément de décor orienté vers le public. Face, lontain, cour, jardin sont les quatre points cardinaux du théâtre.

Le Lointain : Matérialisé par le mur du fond, le lointain est l'endroit le plus éloigné de la scène, opposé à la face. Au XVIIè siècle, les toiles peintes proposaient souvent des ciels donnant une impression d'éloignement à l'infini.

Côté Cour / Côté Jardin : voir ici.

Cadre mobile : Modalité d'invention récente du cadre de scène, qui permet de régler l'ouverture de la scène selon les besoins de la représentation. Il n'est pas décoré, comme le cadre de scène des bonbonnières ; il est noir ou couleur de muraille pour mieux se fondre avec la représentation.

Les Coulisses : C'est l'envers du décor. Le mot est, très souvent, employé au pluriel parce qu'il désigne un plein : les feuilles de décorations que supportaient les portants mobiles de chaque côté de la scène, et un vide : l'espace entre les portants.

Jusqu'au XVIIè siècle, le mot était utilisé dans son sens littéral : rainure permettant à une pièce mobile de se déplacer par glissement, de "coulisser". Les rainures sont les costières sur lesquelles sont placés les mâts. La coulisse est devenue l'endroit où sont rangés les éléments qui ont glissé jusqu'à elle. Ce qu'enregistre une expression apparue au XIXè siècle : « avoir l'œil en coulisses » ou « avoir un sourire en coulisse », c'est accuser un mouvement latéral, qui amène l'œil sur le côté ou qui étire les commissures des lèvres.

L'idée de "coulisses", comme d'un endroit à l'abri du regard des spectateurs ne date que du milieu du XVIIIè siècle. Les mystères les ignorent, puisque tous les acteurs sont en scène, assis sur les côté quand ils ne jouent pas. Il était, pourtant, une circonstance pour laquelle certains personnages disparaissaient de la vue des spectateurs : c'était le moment de l'accouchement de sainte Anne ou de la vierge Marie. Om amenait alors sur la scène un petit édifice où l'acteur — car le rôle de femmes étaient tenus par des hommes — entraient au moment des supposées douleurs, et des rideaux, appelés custodes, étaient aussitôt tirés.

Jusqu'à la suppression des banquettes sur la scène, en 1759, on ne peut pas parler véritablement de coulisses, puisque les spectateurs sont sur le théâtre. Il n'empêche que, en 1669, quand Molière s'en va donner la comédie au château de Chambord, on fait aménager ce que nous appellerions des coulisses : dans l'une des salles du château, on ouvre des passages dans les énormes piliers de soutien. Pendant longtemps, les visiteurs du château ont pu voir, simplement bouchées par du plâtre, les deux voûtes où circulèrent Molière et sa troupe.

Le langage courant a repris à son compte la vision Shakespirienne, puis baroque, du monde comme d'une scène de théâtre. Les bruits de coulisses — tonnerre, pluie, fusillade — sont aussi les rumeurs ou bruits de couloirs. Ce qui se passe "en coulisses" est ce qui ne doit pas se savoir, ce qui doit demeurer secret.

L'accès des coulisses est interdit à toute personne étrangère au spectacle, aussi bien en cours des répétitions que des représentations. Quant aux acteurs qui "n'y sont pas", c'est-à-dire qui ne sont pas de l'acte en train d'être représenté, ils ne doivent pas encombrer les coulisses et gêner les manœuvres des décors. Quant au spectateur, il peut toujours rêver d'en percer les secrets.

La Rampe : c'est la galerie lumineuse qui borde la scène d'un bout à l'autre.

Elle appraît au milieu du XVIIè siècle. Quand, en 1640, quelques "chandelles" sont placées au fond du décor, à l'Hôtel de Bourgogne et au Théâtre du Marais, l'effet produit n'est pas des plus heureux : tels des silouhettes découpées, les acteurs ressemblaient à des ombres chinoises. C'est ainsi que l'on se mit à disposer des candélabres sur des lattes de bois sur le devant de la scène ; le principe de la rampe était né.

Au début, l'éclairage se faisait aux chandelles dont les mèches trempaient dans de l'huile de pied de bœuf ; il s'en dégageait une fumée et une puanteur telles que les comédiens du roi, au Théâtre-Français, réclamèrent des bougies, qu'ils obtinrent en 1783. Avec un maquillage plâtreux et une lumière vacillante, les comédiens devaient avoir une drôle de tête... À partir de 1822, les robinets de l'éclairage au gaz permettent les réglages ; puis l'électricité  invitera à des variations innombrables.

la rampe a ses adeptes et des détracteurs ; les uns la considèrent comme inhérente au théâtre qui a lieu sous les feux de la rampe (voir plus bas) ; éclairé par en dessous, le visage verrait ses rides s'atténuer ; de plus, elle contriburait à raviver l'éclat du regard. Les autres lui reprochent son caractère artificiel et le fait de dénaturer le comédien. C'est qu'elle n'est pas seulement un jeu d'éclairage ; elle clive avec brutalité la scène de la salle ; sa cruauté réside dans l'impossibilité du plateau d'échapper à son verdict. Emblème du théâtre, La Rampe fut le nom d'une revue théâtrale à la Belle Époque.

La Rampe

L'expression passer la rampe s'utilise pour un spectacle qui sait se projeter vers la salle, franchir la barrière que consiste la rampe — même de manière symbolique — pour atteindre, voir toucher le public. Le contraire est ne pas passer ou ne pas dépasser la rampe.

L'expression passer sous les feux de la rampe signifie être sur la scène ; le mot "feux" fait redondance ajouté à "rampe". Son équivalent plus récent est sous les feux des projecteurs.

L'expression voir à la rampe s'emploie, pendant les répétitions à la table ou dans une salle de répétitions, au moment où il s'agit de décider d'un jeu de scène, d'un déplacement, d'un effet : on verra à la rampe, c'est-à-dire quand on répétera sur le plateau. On dit aussi : voir à la chandelle.

L'expression voir la rampe s'utilise quand la scène se déroule devant le public.

Le Proscenium : Ce mot, tout chargé des échos de l'Antiquité, n'en est pas moins d'un emploi fréquent et très moderne. Il peut désigner plusieurs choses : dans les théâtres antiques, le proscenium correspondait à l'espace que nous appelons la scène, toute cette partie surrélevée par rapport à la fosse d'orchestre ; avec une différence cependant : le proscenium était de dimensions bien inférieures à la scène d'aujourd'hui ; le chœur évoluait dans l'orchestra, en contrebas.

Dans les tentatives modernes de ne pas séparer la scène de la salle, et particulièrement dans les années 1970, le proscenium désignait l'espace de jeu mobile, qui vient recouvrir la fosse d'orchestre.

Les Pendrillons : voir ici.

Le rideau : voir ici.

Le mur du fond : (ou le mur de scène) C'est le mur qui clôt l'espace scénique face au public, dans le lointain. Le théâtre grec était ouvert sur le paysage, la plupart du temps la mer ; ce sont les Romains qui construisent les premiers murs de scène. À Roçme, le mur de scène était percé de trois portes. Il proposait trois rangées de colonnes encadrant des niches et des statues. Parmi les plus beaux murs de scène qui se puissent voir encore aujourd'hui, citons : Bosra (Syrie), Aspendos (Turquie), Sabrata (Lybie) et Orange (France).

Aspendos (Turquie)Bosra (Syrie)Sabrata (Lybie)

La Scène : c'est la partie du théâtre — considéré en tant que bâtiment — où se passe l'action. Le mot français, rare avant le XVIIIè siècle, vient du grec skênê par le latin scaena. En grec, l'équivalent de la scène est le logeion, sorte de plateforme en bois surélevée par rapport à l'orchestra, où évolue le chœur. À l'origine, la skêne est une petite baraque en bois, généralement cachée par un panneau peint, qui permettait aux acteurs de changer de masque et de costume. Vers le Vè siècle, cette baraque devient un imposant bâtiment, en pierre, rectangulaire et très allongé, parfois formé de plusieurs pièces communiquant entre elles.

Dans le théâtre à l'italienne, la rampe et le rideau sont là pour séparer les espaces que forment la scène et la salle. La scène se tient entre la face et le lointain, entre le Manteau d'Arlequin et le mur du fond, entre les deux séries de coulisses. Autrefois, on disait, indifféremment, sur la scène ou sur le théâtre. Quant à L'autre scène, qui fut le titre d'une revue de théâtre, c'est l'inconscient.

Selon les choix du décor, il existe plusieurs types de scènes, en particulier : la scène coulissante qui propose plusieurs plateaux se déplaçant à l'horizontale de façon à être utilisée alternativement. La scène tournante ou "tournette" pour laquelle une partie du plateau pivote sur un axe permettant un changement rapide de décor. Ce système a souvent été utilisé pour des pièces de boulevard.

Il est reconnu que la scène transforme le comédien. Surtout, elle le grandit — en le faisant paraître plus grand qu'il n'est en réalité. Quand DIDEROT rencontre Mlle CLAIRON, qu'il n'avait vue qu'à la scène, dans un salon, il s'étonne de sa petite taille.

Scène du Théâtre de Marionnettes de Genève (Suisse)Scène de la Salle des Fêtes d'Avesnes sur Helpe (France)

Le Plateau : équivalent de planches ou de scène, par contamination avec le vocabulaire du cinéma, "plateau" leur est préféré depuis les années 1960. Le plateau désigne un espace plus important que la seule scène puisqu'il comprend aussi les coulisses et les dessous. Le plateau est divisé en plans. Il est mobile, lieu d'apparitions et de disparitions. S'appuyant sur une série de sablières, solides charpentes transversales, qui supportent trapes et trapillons, le plateau s'ouvre comme un gouffre, avec des relents de cave et de poussière. Quand il est recouvert de sable ou de sel, le parti pris scénographique s'interdit l'utilisation des dessous. Ce qui ne l'empêche pas de marquer, de cette façon, la précarité du théâtre : le sable qui se dérobe sous les pieds et le sel qui les brûle et qui fond. Quoi qu'il en soit, se produire sur le plateau est un véritable rite de passage...

L'Avant-scène : c'est la partie de la scène comprise entre la rampe et le rideau.

Dans les théâtres qui proposent du chant dans leur programmation, cette partie de la scène avance largement dans la salle, afin d'éviter à la voix des chanteurs d'aller se perdre dans les cintres.

C'est à l'avant-scène que le metteur en scène vient pour diriger les acteurs pendant les répétitions ; il quitte alors, la table installée au septième rang de l'orchestre pour faire des propositions de jeu ; c'est ce qui s'appelle descendre à l'avant-scène.

Le Manteau d'Arlequin : c'est la partie de la scène qui commence au rideau et se termine au premier plan des coulisses. Elle est généralement décorée d'une draperie de couleur rouge. Il est possible d'élargir ou de rétrécir à volonté cet encadrement de scène. C'est pourquoi on appelle aussi le manteau d'Arlequin, le cadre mobile.

L'idée la plus répandue sur l'origine d'une appellation aussi poétique, c'est qu'Arlequin, ce personnage facétieux de la Commedia Dell'Arte, avait l'habitude de faire son entrée en scène par cette fausse coulisse. En fait, il apparaît que, si Arlequin se montrait bel et bien au public, c'était pendant les entractes, lorsque le rideau était baissé, pour parler en aparté avec le public ou pour faire une annonce, tout en se servant du rideau comme d'un manteau ou d'une cape.

Le spécialiste des Mystères du Moyen-Âge, Gustave COHEN, conteste cette origine. Pour lui, l'image est bien davantage liée à la grande cape d'Hellekin (variante d'Arlequin), associé à Wotan, le dieu germanique des vents, qui lance feu et flammes dans la gueule d'enfer, située dans l'un des mansions (espace où se déroulaient successivement les différents épisodes des mystères). Pour Gustave COHEN, « il y a donc lieu de négliger l'explication habituelle qui affirme qu'Arlequin entrait et disparraissait derrière cette draperie ». Ainsi, selon que l'on privilégie le Moyen Âge ou le XVIè siècle, la mythologie germanique ou la Comédie italienne, on préférera Hellequin ou Arlequin.

          3.2. Les éléments invisibles.

La Rue : Partie du plancher amovible du plateau situé entre les costières, et entre lesquelles se trouvent les fausses rues ; on trouve une rue par plan.

Les Dessous : C'est le nom donné à l'espace qui s'étend en dessous de toute la surface du plancher de scène, nécessaire à la manœuvre des décors, dans un théâtre machiné à l'italienne. Verticalement, les dessous se divisent en trois étages que l'on compte à partir de la scène, le dernier étant le troisième dessous. La Comédie-Française a quatre dessous et le théâtre de Montpellier, cinq. Le premier dessous comprend les trappes, les chariots de costières ; il est essentiellement mobile ; « c'est tout un tiroir ouvert », dit un auteur de la Bibliothèque des merveilles. Pour le journaliste Francisque SARVEY, « un théâtre sans dessous, ce serait comme une maison sans cave ».

Les dessous d'un théâtre peuvent être dangereux. On a prétendu que le mime Deburau (1796-1846) était mort des suites d'une chute dans le troisième dessous des Funambules. Il semble que ce soit plutôt une crise d'asthme qui l'ait emporté. Il n'empêche que l'idée d'accident est liée aux dessous d'un théâtre : au XIXè siècle, les machinistes des dessous risquaient de se faire éborgner par une épée brisée qui traversait une costière lors d'un combat.

Mais les dessous peuvent être salvateurs pour certains. F. HAVEL, qui fut directeur de la Porte-Saint-Martin, avait des dettes ; quand il était harcelé par ses créanciers qui venaient le relancer jusque sur la scène, il se dérobait à leurs poursuites au moyen d'une trappe ; de mèche avec un machiniste, il disparaissait brusquement... il était passé dans le premier dessous.

Au XIXè siècle, tomber ou être dans le troisième dessous signifait, pour une pièce, qu'elle avait fait un four, qu'elle avait fait une "chute". Dans le langage courant, l'expression veut dire « tomber dans une situation inférieure ». On peut aller jusqu'à « être dans le trente-sixième dessous », c'est-à-dire «aller très mal », "36" étant préféré à "3", dans le but d'amplification, mais, aussi, parce que "36" semble être lié au théâtre comme    "32" à l'amour avec les fameuses 32 positions ; c'est en 1924 que Geoges POLTI a dénombré « 36 situations dramatiques ». Et puis, ne trouve-t-on pas les « trente-six raisons d'Arlequin » ?

La Costière : Dans un théâtre équipé à l'italienne, c'est la rainure pratiquée dans le plancher de scène, parrallèlement à la rampe, destinée à recevoir les portants des décors.

Quand on ne l'utilise pas, la costière est obturée par des tringles ou trapillons. Dans les dessous se trouvent les chariots de costière.

Le Chariot de costière : C'est l'élément mobile placé dans le premier dessous, à l'endroit des costières, coulissant sur un rail et destiné à recevoir — dans les glissières appelées cassettes — les mâts sur lesquelles sont fixés les décors dans un théâtre équipé à l'italienne.

Le Mât : C'est un poteau qui soutient les chassis ou les éléments de décor. Les mâts s'introduisent dans les chariots de costière. Ils sont de deux sortes : les mâts de chantigholes et les mâts de perroquet.

Le Portant : C'est un montant qui soutient les décors ou les appareils d'éclairage. Le portant se doit d'être aussi "portatif" que possible.

La Trappe : C'est un trou pratiqué dans le plancher de scène. Un dispositif de camouflage le referme après le passage d'un personnage venu des dessous par un escalier ou encore sur un tampon. La trappe est, alors, appelée trappe à tampon ou trappe à apparition, puisque le ou les personnages "apparaissent" comme pas magie. Même si, comme le précise Charles DULLIN, « le théâtre n'est pas l'art de Robert HOUDIN » — Robert HOUBIN (1805-1871) étant la référence pour les prestidigitateurs — la trappe fait partie de son fonctionnement même : apparition-disparition, systole-diastole, au moins métaphoriquement. Elle est une composante essentielle du plancher de scène ; elle le "mine", elle le piège et entre dans un jeu vertical en réponse à la latéralité des entrées et des sorties par les coulisses.

Le trappillon est une trappe en plus petit. Le plancher de scène est une véritable mosaïque de trappillons. Pour mieux assurer la jointure des fentes des costières, des bandes de bois de quelques centimètres viennent les boucher. On les appelle des trapillons de costières.

Le Tampon : C'est une plateforme sur laquelle prennent place les personnages qui doivent faire leur apparition sur scène par une trappe. Il fonctionne comme un ascenseur.

Le Cintre : Il correspond au dessus d'un théâtre équipé à l'italienne. Il est, à la fois, l'endroit situé sous la voûté du bâtiment et le point de convergence de tous les fils servant à la manœuvre de décors équipés en hauteur.

Ce terme vient de l'architecture. Le "plein cintre" est l'arc sur lequel est construite la voûte d'une église et, dans la marine, "cintrer" renvoie à l'opération qui consiste à faire passer, d'un bord à l'autre, sous la carène, de forts cordages. Quand on sait que le théâtre tient ses origines et de l'église et du bateau, on comprend mieux l'importance du cintre et la fréquence de l'emploi du mot.

Le cintre comprend les herses, les ponts volants, les fils, les moufles, les tambours et le gril qui couronne le tout. Les cintres peuvent occuper trois ou quatre étages et sont desservis par des corridors ou passerelles dont les accès portent le nom de service. Le cintrier est le machiniste qui travaille au cintre.

Les Herses : Dans le vocabulaire de l'éclairagiste, ce mot désigne la galerie lumineuse, suspendue horizontalement dans les cintres, au niveau de chaque plan de scène, tandis que la rampe, elle, est placée au ras du sol. Herses et rampe tendent à être de moins en moins utilisées aujourd'hui.

Les Ponts volants : C'est une passerelle très étroite suspendue au comble du théâtre par des fils ou des tiges de fer, au-dessus de chaque rue et allant de côté cour au côté jardin.

Les Fils : C'est le mot qui, au théâtre, remplace "corde" ; si, par inadvertence, on dit corde au lieu de fil, on dit le "fatal" et on est mis à l'amende. Le fil, traditionnellement de chanvre, est aujourd'hui remplacé par le câble métallique. Il sert à montrer et à descendre les pièces mobiles du décor.

Les fils sont nombreux sur une scène équipée à l'italienne. Sans entrer dans des considérations techniques et seulement pour le plaisir des mots, on rencontre le fil de commande, le fil de gare, le fil d'équipe, le fil de registre. La réunion de plusieurs fils et une poignée. Un fil qui ne bouge pas est un "brin mort", et son opposé, le "courant" ou "garant".

La Moufle : C'est l'équivalent de poulie dans un théâtre à l'italienne. Le mot "poulie" étant un petit fatal.

Le Tambour : Dans un théâtre à l'italienne, c'est un cylindre de bois autour duquel s'enroulent un ou plusieurs fils. Les tambours sont placés dans les dessous ou sur le gril. Le tambour le plus étonnant est celui qui, placé sous le toit en coupole du théâtre, actionne le lustre.

Le Gril : Plancher à clare-voie — d'où son nom qui évoque l'ustensile de cuisine sur lequel on saisit la viande ou le poisson — qui s'étend au-dessus de la scène, sur toute sa surface. Il sert d'équipement des décors et pour l'éclairage.

La Passerelle : (de service) Dans le vocabulaire technique, c'est un plancher à claire-voie, également appelé corridor, qui sert de poste de commande des équipes.

Le fonctionnement des machineries du Petit Théâtre de Trianon (Château de Versailles)

Les dessous du théâtre révèlent une formidable machinerie qui permettait les changements de décors. Plus de 200 ans après, les cintres et les frises peuvent toujours être déplacés. Démonstration en images.

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Le(s) rideau(x)La(les) salle(s)